Cet article fait référence à mon vécu de parents, auquel s’ajoute bien entendu, les nombreux récits de parents que j’ai rencontrés tout au long de ma pratique en institution
Être parent, c’est souvent décrit comme l’aventure d’une vie. Un tourbillon d’amour, de premières fois, de rires partagés et de fierté. C’est vrai. Mais cette vision, aussi belle soit- elle, n’est qu’une partie de l’histoire.
Aujourd’hui plus que jamais, la parentalité est traversée par de nombreuses injonctions :
- être un parent présent, mais pas trop envahissant,
- savoir poser un cadre, sans jamais crier,
- stimuler l’enfant, sans le surcharger
- être à l’écoute, tout en gardant autorité.
Et bien sûr, le tout en conciliant vie professionnelle, vie personnelle et parfois, vie de couple. Un véritable numéro d’équilibriste.
On retrouve partout , dans les médias, les réseaux sociaux, les discussions à l’école ou au parc : une représentation idéalisée. Des enfants toujours souriants, des maisons ordonnées, des repas faits maison, des parents patients et créatifs en toutes circonstance.
Résultat : beaucoup de parents se demandent en silence : « Pourquoi, moi, je n’y arrive pas ?
Le bonheur… et l’envers du décor
Être parent, c’est rire, s’émerveiller, découvrir. Mais c’est aussi manquer de sommeil, douter, perdre patience, se sentir coupable ou dépassé. Les émotions sont intenses dans les deux sens, et il est normal de ne pas se sentir comblé à chaque instant.
Reconnaître ces ambivalences ne signifie pas aimer moins ses enfants, bien au contraire. C’est simplement accepter que la parentalité est un chemin, pas une image figée.
Quand le quotidien ne ressemble pas aux images parfaites
Un enfant qui refuse de dormir malgré toutes les “bonnes méthodes”.
Un repas qui tourne à la négociation ou à la crise.
Une fatigue qui s’accumule au point d’avoir envie de s’isoler dans la salle de bain juste pour souffler.
La sensation de ne pas faire assez… ou de faire « mal ».
Comme l’écrit Isabelle Filliozat, “ce n’est pas l’amour qui manque aux parents, ce sont les ressources”. Et Catherine Gueguen rappelle que le stress, le manque de soutien et l’isolement fragilisent davantage les relations que les « erreurs » du quotidien.
Accepter que l’imperfection fasse partie du chemin :
La parentalité, ce n’est pas un mode d’emploi. C’est une construction, faite d’essais, d’ajustements, de doutes et de découvertes. On apprend en marchant, avec ce que l’on est, ce que l’on vit, et l’enfant que l’on a en face de soi.
Donald Winnicott (pédiatre, psychanalyste) avait vu juste : les enfants n’ont pas besoin de parents parfaits, mais de parents “suffisamment bons”, présents, aimants, capables de grandir avec eux.
Cela signifie :
- Avoir le droit d’être fatigué.
- Se tromper, puis faire autrement.
- Parfois perdre patience, et pouvoir en reparler après.
- Ne pas savoir, et demander de l’aide si besoin.
- Faire de son mieux, mais pas tout, tout seul.
Se libérer de la comparaison : trouver son propre équilibre
Chaque famille a sa propre histoire et ses propres ressources. Se comparer aux autres – aux proches, aux réseaux sociaux, aux modèles idéalisés – peut créer un sentiment d’échec injustifié.
L’essentiel est de construire sa parentalité à soi, en accord avec ses valeurs et ses possibilités. Ce qui fonctionne pour les uns ne sera pas adapté aux autres — et ce n’est pas un échec, c’est une réalité.
Peut-être que chez vous, le repas ne se prend pas toujours à heure fixe. Peut-être que l’histoire du soir se termine parfois par un câlin silencieux faute d’énergie. Peut-être que le dimanche ressemble davantage à un champ de jouets qu’à une maison Pinterest.
Et c’est ok.
L’enjeu, ce n’est pas de suivre un modèle parfait : c’est de trouver une manière d’être parent qui vous ressemble, sans vous épuiser, ni vous juger.
Vers une parentalité authentique : Parler, souffler, se sentir soutenu : ça change tout.
Oui, la parentalité est source de bonheur. Mais elle est aussi faite de défis, de fatigue, de tâtonnements et d’ajustements. Sortir des injonctions, c’est s’accorder le droit d’être un parent réel, pas un parent parfait.
S’autoriser l’imperfection, c’est déjà faire un pas vers plus de sérénité… pour soi et pour son enfant.
Être parent, c’est un engagement de chaque instant. Mais ce n’est pas un parcours à faire seul. Il est possible et légitime d’avoir besoin d’un espace pour déposer ce qui est lourd, réfléchir autrement, poser ses questions sans crainte d’être jugé.
👉 Si vous ressentez ce besoin, je suis là pour vous accompagner avec bienveillance, dans le respect de votre histoire, de votre rythme et de vos valeurs.