J’ai récemment lu l’ouvrage de co-écrit par Jade Paré et Ariane Hébert : « Crise, opposition et colère : comment réagir sans s’épuiser ? ». C’est un livre que j’ai trouvé très intéressant et dont je vous partage les idées principales.

Comprendre ce qui se cache derrière une crise
Une crise n’est pas un caprice. Elle exprime souvent un trop-plein : fatigue, frustration, incompréhension, besoin non exprimé ou difficulté à gérer les émotions. Certains enfants ont du mal à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent et utilisent alors le comportement comme moyen d’expression.
Exemple concret : un enfant qui se met à hurler parce que le repas n’est pas prêt n’est pas forcément dans la provocation. Il peut simplement ne pas savoir gérer l’attente ou l’imprévu.
Garder une posture calme mais ferme
Lorsqu’un enfant s’énerve, le miroir émotionnel fonctionne : si l’adulte s’énerve à son tour, la tension augmente. Rester calme permet de contenir la situation tout en montrant un modèle de régulation.
Parler peu et avec une voix posée
Nommer l’émotion de l’enfant (« Je vois que tu es très en colère »)
Rappeler la règle sans crier (« Tu as le droit d’être fâché, mais je ne te laisse pas frapper »)
Cette posture bienveillante mais ferme rassure l’enfant, qui sent qu’un cadre existe même quand tout déborde.
Proposer des solutions alternatives
Une fois la tension redescendue, il est important d’aider l’enfant à identifier des moyens plus adaptés pour exprimer ses besoins.
Exemples concrets :
Proposer une carte « pause » que l’enfant peut utiliser quand il sent que la colère monte
Mettre en place un coin calme avec coussins, livres ou balles sensorielles
Apprendre des phrases simples comme « J’ai besoin d’aide », « Je suis en colère » ou « Laisse-moi tranquille »
Ces outils ne suppriment pas les crises du jour au lendemain, mais permettent progressivement à l’enfant d’apprendre à se réguler.
Renforcer les moments positifs
On passe parfois plus de temps à gérer les comportements difficiles qu’à valoriser les comportements apaisés. Pourtant, l’encouragement est un puissant moteur.
Féliciter un effort de contrôle (« Tu t’es calmé tout seul, bravo »)
Remercier une coopération même minime (« Merci d’avoir rangé ton jeu »)
Prévoir des moments de complicité en dehors des conflits
Plus l’enfant se sent reconnu dans ses réussites, moins il aura besoin de chercher l’attention à travers l’opposition.
« Gérer les crises demande de la patience et de la constance. Aucun adulte n’est parfait, et il est normal d’avoir des moments de fatigue. Ce qui compte, ce n’est pas d’éviter tous les conflits, mais de savoir rétablir le lien après la tempête ».